• Pour l'instant le sujet ne fait pas grand bruit - pour cause, il serait installé dans une zone "militaire" peu accessible au grand public. Mais petit à petit les langues se délient et des voix s'élèvent. Après le communiqué des opposants publié ici le 24 avril, voici une tribune faite par Danièle Favari et publiée sur Slate :

    le lien vers l'article original :  

    http://www.slate.fr/tribune/72133/ile-du-levant-plateformes-danger

     

     

    Du danger des plateformes immergées au large de l'île du Levant

    Le site, au large des îles d’Hyères et voisine de Port-Cros, va devenir un Centre d’expertise et d’essais en mer profonde.

    L'île du Levant / Matthieu Sontag via Wikimedia Commons

    - L'île du Levant / Matthieu Sontag via Wikimedia Commons -

    L’île du Levant, tout le monde en a entendu parler. Au large des îles d’Hyères et voisine de Port-Cros, c’est, depuis 1931, le berceau du naturisme, un paradis pour les «non-textiles».

    C’est aussi, et cela, on le sait moins —puisque la majeure partie de l’île (80%) appartient à l’Etat— un Centre d'essais de lancement de missiles pour le compte de la Direction Générale de l'Armement, sous la tutelle du Ministère de la Défense.

    Occupée pour l’essentiel pour l’essai de lancement des missiles, l’île du Levant va devenir un Centre d’expertise et d’essais en mer profonde (CEEMP). Le site a été choisi pour ses ultra-grands fonds (2.500 m) qui permettront l’installation de deux plateformes immergées à 1.300 et 2.400 m de profondeur pour l’exploration et l’exploitation de l'offshore profond.

    La Compagnie maritime d'expertises (Comex), spécialiste de l’offshore pétrolier depuis 40 ans, en a rêvé, le Pôle de compétitivité Mer Paca l’a fait. Et c’est la société Abyssea qui a été chargée du projet, financé à hauteur de 5 millions d’euros par le Fonds unique interministériel (FUI) et le Fonds européen de développement régional (FEDER), impliquant des actionnaires tels que Chrisar Software Technologies (simulation acoutisque), EMC3, Sofresud, Subsea Tech et Thalaseis, ainsi que la Caisse des dépôts.

    Le Centre servira à ceux de la région Paca qui développent des systèmes, engins et équipements sous-marins, mais aussi à ceux qui voudront effectuer des tests et des démonstrations en grandeur réelle, sur la base des deux stations sous-marines, et surtout aux besoins des grandes compagnies pétrolières et minières qui opèrent à des profondeurs de plus en plus importantes et ont donc besoin d’expérimenter leurs nouvelles technologies en situation réelle.

    La plateforme n°1 aurait dû être opérationnelle en octobre 2012  et, dès lors, on peut se demander si la récente abrogation de la Zone de protection écologique par le décret n° 2012-1148 du 12 octobre 2012 ne sous-entend pas l’aval du gouvernement.

    Le centre d’essais techniques devrait ouvrir en 2014 et la plateforme n°2 immergée à 2.400 m le sera à l’automne 2015. Aucune étude d’impact n’a, selon les autorités, été pour l’instant réalisée pour obtenir les autorisations environnementales mais les actionnaires sont confiants, ayant obtenu le soutien du conseil général et de la région.

    Aucune enquête publique non plus autour de ce projet qui interpelle et inquiète tous les défenseurs de la «belle bleue». En effet, il met en grand danger la faune pélagique exceptionnelle (baleines, cachalots, dauphins, tortues marines, etc.) du Parc national de Port-Cros et du Sanctuaire Pelagos (classé Aire spécialement protégée d’importance méditerranéenne) tout proches. Et particulièrement les cétacés, qui localisent leurs proies par émissions d'ondes spéciales et risquent d’être perturbés par les simulations acoustiques, ainsi que tous ceux qui fréquentent les grands fonds dans leurs courses migratoires et dont certains sont déjà en danger critique d’extinction.

    De plus, on ne peut éluder le fait que les ressources d’hydrocarbures des grands fonds marins pourraient représenter cinq ans de consommation mondiale. Qu’adviendra-t-il alors de la Méditerranée, une des mers déjà les plus polluées au monde, en cas de pollution par les hydrocarbures? La question mérite d’être posée alors que, du 5 au 9 juin 2013, la mer sera à l’honneur partout en France.

    Danièle Favari


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  • c'est bien écrit, rigolo, mais n'apporte rien de bien nouveau.

    ( le coup de "on n'a pas de pétrole, mais des idées" a du être fait une dizaine de fois déjà  dans la presse écrite depuis deux mois ....)

    Je dois contredire Fabrice Nicolino sur la conclusion de l'article:

    "des boites inconnues ou presque, comme des faux nez préparant le terrain pour Total..."

    La compagnie Noble est un mastodonte qui fore et creuse dans le monde entier , des gaz de schistes par fracturation hydraulique aux USA (même le célèbre "Marcellus") aux forages en eaux profonde du Golf du Mexique (la zone Deepwater justement) en passant par l'Afrique et l'est de la méditerranée. Si un jour il devaient "refiler" le permis  à Total - ce sera pour la simple raison qu'il n a rien  à gagner dans l'affaire.

    Autre info un peu "limite" de F Nicolino : il donne en fin d'article un lien vers le blog des collectifs citoyens marseillais,  qui est à l'arrêt depuis .... octobre 2011.

    Je vous redonne le lien car j'espère de tout coeur qu'il ressuscitera prochainement  : 

    http://gazdeschiste-collectif-marseille.over-blog.com/ 

    déjà pour ne pas laisser toute la place médiatique aux seuls Verts ;-)

    Car il faut bien l'admettre, l'élan citoyen n'existe pour l'instant que modérément. Après les politiques, CAP21, Verts, PC  et PS (par endroits ) seul le monde associatif commence  à se réveiller.  FNE, Surfrider, LPO, Greenpeace ... seront bientôt en première ligne des actions contre les forages en mer  -  et ce sera  tant mieux ainsi , car ils arriveront à toucher plus largement le public.

     

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  • Cet excellent article que nous n'avons pas le droit de reproduire dans ce blog (mais que vous pouvez consulter en entier ici:

    http://www.terraeco.net/De-Marseille-a-la-Guyane-l,41644.html

    s'intitule  :

    De Marseille à la Guyane, une aventure pétrolière en eaux profondes ....

    et s'intéresse plus particulièrement aux difficultés et dangers du forage en eaux profonde, technique extrêmement compliquée et toujours pas maîtrisée à 100 %.   "Plus dure à explorer que l'espace !"  , l'historique, chiffres et schémas  à l'appui !

     

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    Et puisque nous sommes dans les travaux des journalistes  (merci à eux, comment faire sans leur boulot ?!) Vous pouvez aussi relire un article du Figaro qui date de juin 2011 et qui s'intéresse plus largement à la pollution par les activités pétrolières en méditerranée, qui englobe donc aussi le transport maritimes, les dégazages, les lessivages de sols venus par le littoral et les rivières etc .... 

    http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/06/22/01008-20110622ARTFIG00673-l-exploitation-petroliere-s-installe-en-mediterranee.php


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  • en date du 26.01.2012 du journaliste Paul Molga, toujours très bien informé ....  qui nous fournit notamment une carte avec l'emplacement des séismes survenus dans ou à proximité de la zone de recherches

    "Pétrole offshore : zones d'ombre dans le dossier marseillais"

    Le permis de recherche d'hydrocarbures au large de Marseille paraît entaché d'irrégularités. Les écologistes veulent porter l'affaire en justice.


    Le dossier de prospection pétrolière accordé à la société britannique Melrose au large de Marseille pourrait être entaché d'irrégularités, selon le WWF et un collectif d'associations écologiques qui envisagent de porter l'affaire devant les tribunaux si le ministre de l'Industrie répond favorablement avant le 19 février à la demande de prolongation du permis de recherche déposé par l'entreprise. « Le 25 juin 2010, Melrose Mediterranean a déposé une déclaration de travaux auprès des services de l'Etat pour une campagne d'acquisition de données sismiques, explique Denis Lieppe, membre du conseil scientifique du parc national de Port-Cros. L'étude d'impact environnemental fournie à l'appui annonce une prospection de 3.230 km linéaires. Or le compte rendu de la campagne qui accompagne sa demande de renouvellement fait état de 7.439 km de données sismiques, soit le double de ce qui était autorisé. »

    L'arrêté préfectoral autorisant les travaux de recherche sismique ne pouvait donc pas prendre en compte l'impact environnemental réel de la campagne, notamment sur la faune sous-marine protégée dans le secteur. « Le permis aurait-il été accordé dans les mêmes conditions si l'administration avait eu connaissance de l'importance des moyens engagés dont on sait qu'ils sont potentiellement mortels pour les cétacés ? », interroge le représentant du Fond mondial pour l'environnement à Marseille, Denis Ody.

    Le calendrier aurait également été dépassé, éteignant de fait le permis d'explorer. Selon une information recueillie auprès du Bureau exploration production des hydrocarbures (BEPH), la demande de prolongation du permis a été adressée au ministre par courrier du 14 juillet 2010, reçue et enregistrée dans ses services le 22 juillet 2010, soit trois jours après l'expiration du délai légal. Interrogé, le ministère de l'Industrie ne commente pas.

    Forages « à très hauts risques »

    Le collectif s'interroge enfin sur l'identité de la société Noble Energie France SAS qui a signé une convention de partenariat avec Melrose aux termes de laquelle l'entreprise détiendra 72,5 % des droits du permis d'exploiter dans un contrat de Farm in Agreement. « Cette société n'a qu'une boîte aux lettre domiciliée à Paris. Elle est présidée par un ressortissant britannique résidant au Texas, ne semble pas avoir d'employés, ne publie pas ses comptes, et n'est que faiblement capitalisée au regard des dizaines de millions d'euros nécessaires pour une recherche sismique 3D et des forages test offshore ultra-profonds à très hauts risques », plaide Denis Lieppe, par ailleurs chercheur à l'Université Paris-Sorbonne. L'entreprise n'est pas officiellement connue comme filiale du géant texan Noble Energy.

    En reportant sur la carte les données géologiques connues, les scientifiques ont pu enfin mettre en évidence une activité sismique intense dans la zone de forage envisagée : depuis 2005, l'épicentre de 2 séismes a été localisé dans le périmètre du permis Rhône Maritime. « Forer dans une zone instable par 2.500 mètres de fonds présente un risque que personne n'est aujourd'hui capable de maîtriser comme l'a encore montré la dernière marée noire provoquée par la plateforme de Shell dans le golfe de Guinée », avertit le chercheur. Qui fait remarquer que le périmètre du permis est encadré d'une vingtaine d'aires marines et littorales protégées déployées par l'Etat depuis cinquante ans.

    CORRESPONDANT À MARSEILLE
    P. M.

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  • Conformément  à sa philosophie de lanceur d'alerte, CAP21 a crée ce blog il y a à peine un mois.

    Nous pouvons etre satisfaits  du résultat !  Les documents et prises de position écrites reproduites dans ces pages ont déjà servi de base de travail à de nombreux journalistes de la presse locale et nationale.

    Derniers en date, un article dans le Monde en date du 17 janvier 2012 by "Hervé Kempf himself"  et un article de "Marsactu" que nous vous reproduisons ci-dessous.

    Nous avons appris également la création prochaine d'un nouveau collectif consacré au permis "Rhône Maritime" qui couvrira toute la côte de Perpignan à Nice !

    Que tous ceux qui se mobilisent contre ces forages aux larges de nos côtes sachent que nos pages leurs seront ouvertes !

     

    Marseille, nouvelle terre de pétrole ?

    Photo : ST33VO Creative Commons

    Marseille et la Provence, capitale européenne de la culture… et du pétrole en 2013 ? Dans une courrier en date du 25 août 2011, adressé au ministre de l’Écologie, deux firmes « Melrose et Noble prévoiraient de forer un puits d’exploitation aussi tôt que 2013″. La compagnie écossaise Melrose Ressources, spécialisée dans la recherche et l’extraction de pétrole et de gaz – qui exploite déjà de nombreuses plates-formes en Méditerranée – vient de demander à l’État la prolongation de son permis de recherches d’hydrocarbures, dit “Rhône-maritime”.

    Les réactions depuis ne manquent pas. Il faut dire aussi que le périmètre concerné est encadré de zones protégées. Il se situe au sud du (futur) parc national des Calanques, à l’ouest du parc national de Port-Cros et tout proche du sanctuaire Pélagos, dédié à la protection des mammifères marins. Ce permis exclusif de recherches avait en fait été accordé en 2002 par un arrêté ministériel sur une superficie de 12 500 km2, à 25 kilomètres des côtes marseillaises.

    Après une première phase de recherches, la compagnie Melrose s’est intéressée plus particulièrement à un noyau de plus de 9000 km2, pour lequel elle s’est associée à Noble Energy (une entreprise texane). D’où une demande d’autorisation préfectorale, accordée en août 2010, afin que soient menés des – très controversées – études acoustiquesvisant à cartographier et analyser le sous-sol. Et ainsi, d’établir un schéma de la zone en 3D. Le permis arrivant à échéance, elle a sollicité sa prolongation en juillet 2011.

    Source : ministère du Développement durable

    De vives réactions

    Face à ce projet, la classe politique provençale n’est pas restée silencieuse. Un voeu émanant du groupe EELV/Partit Occitan a été déposé lors de la séance plénière du conseil régional du 16 décembre dernier afin que les services de l’État ne reconduisent pas ce permis. L’UMP (comme le FN) s’était abstenu lors du vote, mais du côté de la mairie de Marseille, le conseiller municipal en charge de la mer Didier Réault a affiché son opposition sur France 3 : « on peut difficilement accepter qu’il y ait une plate-forme pétrolière qui peut, à tout moment, péter et polluer nos côtes ».

    La grogne monte aussi en Corse : Simon Renucci, député-maire d’Ajaccio a adressé une question écrite à la ministre de l’Ecologie le 25 octobre 2011, lors d’une séance à l’Assemblée Nationale. Question restée sans réponse jusqu’alors, tout comme la dernière lettre envoyée par EELV en ce début d’année 2012 qui en appelle aux « convictions écologiques »de Nathalie Kosciusko-Morizet.

    Une réponse avant les élections ?

    Avoir un retour avant les élections, c’est ce qu’espèrent désormais tous les opposants au permis Rhône-maritime. Laurent Roy, directeur de la Dreal (antenne du ministère de l’Ecologie dans la région) nous indique que cette demande de prolongation du permis « est toujours à l’instruction (…) On est dans des délais normaux ». Achim Gertz, responsable « littoral » pour CAP 21 et délégué régional, qui avait contacté le ministère de l’Ecologie à propos de la validité du permis, s’est lui vu répondre début janvier qu’une décision concernant ce permis ne saurait tarder, mais « qu’un certain nombre d’organismes [devaient] être consultés » auparavant.

    Avant même qu’on lui ait demandé, le parc national de Port-Cros avait d’ores et déjà donné son avis – défavorable - « tant en raison des risques actuels d’efforts notables sur les mammifères marins qu’en considération des risques futurs (…) liés à la poursuite du projet ». La sanction est la même du côté du comité français de l’UICN, organisation qui oeuvre pour la conservation de la nature : refus catégorique de ce projet. Donnée inquiétante pour les opposants : comme il ne s’agit pas d’un permis nouveau « il faut des motifs forts pour refuser sa prolongation », prévient Laurent Roy.

    Il nous explique qu’il faut distinguer les deux procédures. Le titre dit « minier » qui « donne une exclusivité sur un territoire » est basé sur des considérations purement économiques. C’est le cadre dans lequel se situe la demande actuelle de prolongation. Les « autorisations de travaux » nécessitent, elles, une étude d’impact. « Si le permis est prolongé, il faudra tout de même une autorisation spécifique par exemple pour une nouvelle campagne sismique » conclut-il. Reste que pour beaucoup, la délivrance d’une prolongation serait un mauvais signal en ouvrant la porte à des forages futurs.

    Un lien Une plate-forme pétrolière à 24 km des côtes provençales, ça vous tente ?, sur Marsactu

    Un lien Permis Rhône-Maritime : le blog de Cap 21 dédié au sujet


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  • le 29.12. 2011 FR3 Provence a diffusé ce reportage dans le journal du soir.

     

     

     

     

     

     

    On y apprend notamment que l'adjoint de la ville de Marseille délégué à la mer et au Parc National des Calanques , Didier Réault, se prononce contre ces projets.

     

    On enregistre avec plaisir ce "soutien" à notre cause, mais il est en contradiction avec l'abstention du groupe UMP du Conseil Régional lors du vote d'un voeu  demandant l'arrêt des recherches pétrolières au large de nos côtes.


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  • A CAP21 on en parle depuis des mois sans que cela inquiète outre-mesure le public ou fasse des vagues sur les rives de notre  Méditerranée....  Greenpeace avait  médiatisé la campagne sismique de la fin 2010, relayé localement par Marsactu notamment ....

    maintenant c'est enfin " la Provence"  qui découvre le sujet et en fait une page entière dans son édition du 16.12.2011. Nous espérons que cela sera le début d'une mobilisation plus grande contre ces projets de forages off-shore.

    Ce qui a remis probablement le sujet sur la table est la question parlementaire du député Corse Simon Renucci  concernant l'existence légale du permis, nous vous en parlions dans un article précedent.

    Notre délégué régional PACA et responsable "littoral" , Achim Gertz, a fait d'ailleurs un courrier semblable au ministère (copie ci-dessous), dans le but de pouvoir saisir la CADA dans quelques semaines.

    En attendant, ci-dessous l'article de la Provence (également en ligne)  et l'interview de Corinne Lepage par Hervé Vaudoit.

     

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    Concernant les doutes sur la légalité des opérations de recherches effectuées depuis Novembre 2010 par Melrose/nobel , ci-dessous le courrier de CAP21 demandant copie de l'arrêté au Ministère.

     

    Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement

    Direction Générale de l’énergie et du climat

    Grande Arche

    Tour Pascal A+B

    92055  Paris la Défense Cédex

     

     

    Concerne : validité de titre minier P 569

     

    Objet : demande de copie d’Arrêté

     

    Recommandé avec AR

     

     

     

                                 Madame, Monsieur,

     

    Je m’interroge sur la validité actuelle du permis exclusif de recherches d’hydrocarbures dit permis « Rhône Maritime » présenté sous l’appellation P 569 sur la carte des « périmètres des Titres Miniers d’hydrocarbures » mise à jour en juillet 2011.

     

    En effet, ce permis a été accordé par arrêté du 29.10.2002 (JO du 19.11.2002)

    et prolongé (hors délai de un an !) le 11.10.2006 (JO du 27.10.2006) jusqu’au 19.11.2010.

     

    Les sociétés détentrices (actuellement Melrose et Nobel) auraient sollicité le renouvellement si j’en crois l’astérisque sur la carte des titres miniers.

    Toujours est- il que je n’ai pas trouvé trace de ce renouvellement et vous demande par ce courrier de me faire parvenir une copie de l’arrêté de la deuxième  prolongation.

     

    Des campagnes de recherches (sismiques) ont encore eu lieu fin 2010 et début 2011 sur le secteur  et je n’ose penser qu’elles  se seraient déroulées sans autorisation de vos services.

    En attendant la communication de ce document, veuillez recevoir, Madame, Monsieur, l’expression de mes respectueuses salutations.

     

    Achim Gertz

    Responsable « littoral » de CAP21

    et délégué régional PACA


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  • ci-dessous le texte de l'article , avec l'aimable autorisation de Paul Molga, le correspondant local des "Echos"

     

    La recherche de pétrole au large de Marseille fait des vagues

    Le permis de prospection d'hydrocarbures dont Melrose demande la prolongation à proximité des côtes marseillaises mobilise les écologistes, qui alertent sur les dangers encourus par la faune sous-marine. Le gouvernement fait la sourde oreille.

    Les géologues de la société britannique Melrose en ont maintenant la certitude : il y a bien du pétrole et du gaz en quantité dans le sous-sol au large de Marseille. Après sa campagne de prospection conduite en début d'année, le groupe attend maintenant la prolongation du permis initial d'exploration, arrivé à expiration, pour conduire les campagnes complémentaires destinées à lui assurer que « tous les éléments nécessaires à un système pétrolifère actif sont effectivement présents », selon le dossier à l'instruction au ministère de l'Industrie. Les investigations pourraient alors se poursuivre pendant cinq ans pour délimiter plus précisément le potentiel d'extraction et un puits pourrait être foré, si le gouvernement l'autorise, à une cinquantaine de kilomètres des côtes. Dans cette perspective, Melrose a signé ce printemps une convention de partenariat avec le géant texan Noble Energy aux termes de laquelle il détiendra presque trois quarts des droits du puits si le permis est délivré.

    Indignation des écologistes, qui fustigent le silence du gouvernement. « Pensez-vous qu'un tel projet soit compatible avec une politique de développement soutenable en Méditerranée ? », avaient écrit ce printemps les élus marseillais à la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui ne leur a pas répondu. Une question écrite déposée fin octobre à l'Assemblée par le député-maire PS d'Ajaccio, Simon Renucci, vient de buter sur la même impasse.

    Comme pour l'affaire du gaz de schiste, la colère et l'incompréhension ont commencé à monter dès la campagne de prospection, car le système utilisé peut être potentiellement mortel pour la faune sous-marine, dénoncent les scientifiques. « Les canons sismiques qui quadrillent la zone analysent l'écho de décharges d'air comprimé d'une puissance de 250 décibels, suffisantes pour tuer un cétacé à proximité, endommager son sonar dans un rayon de 20 kilomètres et impacter les pêches sur des distances considérables », explique Denis Lieppe, conseiller scientifique au parc national de Port-Cros.

    Espèces vulnérables

    Adossé au sanctuaire marin Pelagos regorgeant d'espèces protégées, la concession délivrée à Melrose couvre une zone de 12.500 kilomètres carrés avec des fonds marins pouvant aller jusqu'à 2.500 mètres. Or, pas moins de dix espèces de mammifères marins classées vulnérables ou en danger (grands dauphins, baleines...), quatre espèces de tortues marines et une quarantaine d'espèces de poissons croisent dans le périmètre. Les visites surprises orchestrées par la Direction de l'environnement pour vérifier l'application des mesures de prévention et de protection de la faune imposées par l'Etat n'ont pas rassuré les spécialistes, qui ont maintenant une autre inquiétude : la maîtrise aléatoire des forages profonds qui pourraient être opérés à seulement 30 kilomètres au large du futur parc national des Calanques.

    P. M., Les Echos

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