• rejets d'Altéo : pas d'accord avec Pierre Aplincourt ...

    Dans mon post précédent je publiais la position de Pierre Aplincourt (FNE et administrateur du Parc des Calanques) concernant la poursuite des rejets d'Alteo. Veuillez trouver ci-dessous la position très différente de Claude Calvet, (habitant de Bouc-Bel-Air , militant de longue date  et expert de la question ....)  plus tranchée et moins 'arrangeante' .

    "Je voudrais réagir à la communication de Pierre Aplincourt de FNE.

    En préambule je voudrais affirmer qu’il n’y a aucun intérêt à entretenir une ambiguïté quelconque au sujet de la qualité des effluents liquides, qui par la magie des mots de l’argent et de la politique, continueront probablement à être déversés après 2016. Cela dit, je trouve la description de ces effluents un peu édulcorée , il y a dans ces effluents toute une palette de métaux lourds en solution en plus de l’aluminium et de l’arsenic. Il y aura aussi des particules fines en suspension qui sont très perturbantes pour la faune et la flore, et  une radioactivité bien supérieure à la radioactivité de la bauxite : 1 - par concentration lors du process industriel (X par 2à 4) 2 - par  relargage au lavage,  des tartres et résidus d’autoclaves (x par 4)   Le problème des boues à Bouc-Bel-Air et des effluents liquides à Cassis sont indissociables, et devraient être traités en tant que tels.   Le plus grave dans la communication de Pierre Aplimcourt, est la manière expéditive de traiter le stockage archaïque de la matière sèche extraite des boues rouges à Bouc-Bel-Air lieu-dit Mange-Garri, entre trois zones urbanisées, Gardanne, Bouc-Bel-Air et Lyunes-Aix-en-Pce.  C’est un vallon comblé à l’ancienne depuis plus d’un siècle, sans aucun aménagement d’étanchéité. Il y a plusieurs millions de tonnes de déchets sur 47 mètres  au plus profond du talweg. La plus grande nappe d’eau du bassin de l’Arc ( 750 km2, de 75 à 150 millions de m3 d’eau suivant la saison, les eaux de la nappe se déplacent vers le Nord-Ouest) affleure à 70 cm (oui, des centimètres) sous cette décharge au point le plus bas du dépôt et au pied de la digue de rétention des eaux de ruissellement. C’est la grande réserve d’eau de la région pour les années futures et pour pallier à de graves problèmes d’approvisionnement ( Verdon et Durance irradiés par Cadarache).   Ces boues rouges pressées sont radioactives, par concentration en process industriel, de la radioactivité naturelle. Elles  sont éminemment chargées en métaux lourds. Il y a deux problèmes majeurs. 1- L’air une fois sèches ces boues  très fines et très pulvérulentes  offrent aux quatre vents et sur un plateau ( 250 à 275 m d’altitude ) plusieurs dizaines hectares de prise aux vent pour des particules très fines ( moyenne 3,6 microns) qui bien sûr ne sont “quantifiées “ sur plaquettes  qu’à partir de 10 microns. Vous avez tous vu des images de ce scandale. 2-L’eau   Une fois  pressées, séchées, terrassées ou décantées pour les arrivées directes de boues ( problème de conduite à la mer), ces déchets sont exposés aux pluies. Nous avons deux phénomènes: - le ruissellement qui est capté dans un bassin qui fonctionne par évaporation, infiltration et si besoin cause pluviométrie abondante, pompage vers l’usine et la mer. - La percolation des eaux de pluie et de décantation  considérée comme quasiment inoffensive par les autorités mais depuis longtemps dénoncée par des résurgences aux yeux du voisinage, a fini par faire scandale en février 2015 par la déclaration Préfectorale d’une résurgence polluée qui interdit à ce jour par décret  d’utiliser l’eau de la nappe. Il est toujours impossible de se procurer les résultats définitifs de l’étude exigée par les autorités !!! - Tout cela à proximité immédiate de la Luynes qui se jette dans l’étang de Berre   A ces boues décantées et maintenant pressées pour augmenter la capacité du site, il faut ajouter, pour 20 000T/an ( autorisation préfectorale d’exploiter) les déchets de l’usine qui sont pour les autorisés : des alumines déclassées, des résidus de process, tartres, boues d’autoclaves, sable TBS. Il y a encore 3 ans, avant que l’on montre les dents, ces déchets de process  étaient exposés comme les boues sèches aux quatre vents, ils ont été maintenant cachés par une couche de Bauxaline. La Bauxaline est le nom commercial mais  surtout la supercherie qui consiste à faire croire que l’on a trouvé des débouchés pour ces déchets soi-disant inertes, mais qui polluent la nappe phréatique et  dont personne ne veut (cause radioactivité) même livrés gratuitement  sur chantier  ( mise à part en couverture de décharges proches de déchets ménagers  que  doit elle-même être recouverte de matériaux inertes). J’ajouterai que les sommes cantonnées pour gérer le site des boues après fermeture de l’usine, ne le sont que pour 15 ans. Ensuite ce sera à la charge du contribuable pour l’éternité.   Il est urgent de reconsidérer totalement  les conditions de stockage des boues pressées à Bouc-Bel-Air !   Ce bricolage d’ALTEO pour poursuivre à moindre coût (subventionné) l’exploitation d’une usine techniquement et géographiquement inadaptée, est loin de pérenniser la fabrication d’alumine en France. C’est même le contraire! L’obsolescence de l’outil et la perfusion en dernier recours d’un montage financier à court terme devraient faire réfléchir. Pour faire de l’alumine compétitive proprement, il faut être proche de l’énergie, de l’eau, d’espaces de lagunage, de l’arrivée du minerai et utiliser les dernières technologies les moins productrices de déchets (Procédé Orbite).    Le chantage à la délocalisation qui se ferait dans des condition détestables n’est pas recevable, puisqu’ALTEO se comporte à Cassis et à Bouc-Bel-Air comme n’importe quelle multinationale qui “s’achèterait” une implantation à bas coût  dans une république bananière... comme la nôtre.   Le chantage à l’emploi  fait que les chiffres deviennent déraisonnables. 700/900/1000/1100 +les emplois induits la sardine qui ddébouchera la conduite d’ALTEO ne cesse de grossir ! En réalité, dans le dossier de l’enquête publique annulée en avril 2015, ALTEO affichait 386 emplois sur le site, et avant  la polémique sur les rejets post 2015, ALTEO affichait 250 emplois induits. Le Maire de Gardanne donnait 80 familles d’ALTEO dans sa ville, ce qui ne serait pas insurmontable matériellement s’il fallait trouver un autre site dans les Bouches-du-Rhône. Le chiffre  de 700 emplois directs qu’ALTEO laisse accroire est en réalité le nombre d’emplois (708) sur les 4 usines ALTEO de France et d’Allemagne Curieusement, à part le Collectif Littoral personne ne compte les pertes d’emplois de la pêche côtière professionnelle (de 600 à 900 source Prudhommies) depuis la stérilisation des fonds marins      Désolé pour la longueur et la forme expéditive de mes propos, A votre disposition pour infos ou documents. Cordialement Claude Calvet A diffuser aussi largement que le plaidoyer pour un arrangement ... "

     

    Ci-dessous la nouvelle réponse de Pierre Aplincourt à ce texte de Claude Calvet. Sur ce,  j'arreterai cette transcription des echanges, il serait intéressant de débattre de vive voix sur ce sujet complexe.

     

    Bonjour , 
     
    Suite au courriel de Claude Calvet  je souhaite revenir sur quatre points : 
     
      1/ Je pense que nous nous rejoignons sur l'idée de faire pression sur les autorités et sur l'industriel  pour réduire au maximum  l'impact du rejet liquide   sur le milieu marin   en baie de Cassis .
     
      2/ Je partage complètement l'avis indiquant que :"Les problèmes du stockage des  boues déshydratées  à Bouc -Bel -Air et des effluents liquides à Cassis sont indissociables" .
     
      3/ Je confirme que le stockage à sec des boues rouges déshydratées me semble être la meilleur solution sous réserve que des  actions soient engagées  pour éviter tout impact sur le milieu naturel  et pour réduire les nuisances .
     
       4/ Pour le site de Mange -garri , au nom si évocateur,   qui reçoit des déchets depuis un siècle ,nous devons continuer à  nous mobiliser pour obtenir qu'une procédure de type sites et sols pollués soit engagée par l'Etat. Procédure dans laquelle ALTEO devra prendre sa part .
    Je complète ma note de commentaires avec ces éléments concernant le site de Mange-garri 
     
    Pour les autres points abordés dans le courriel en réponse à ma note de commentaires , il est normal que chacun s'exprime avec ses ressentis , pour ce qui me concerne j'ai exprimé les miens .
     
    Par ailleurs  , j'attire l' attention  sur le fait que  ces avis et commentaires sont donnés à titre personnel .
     
    Bien cordialement 
    Pierre Aplincourt 
    Administrateur du PN des Calanques  

     


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