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    Je viens de tomber sur deux petites lignes dans le bulletin du BEPH du mois de septembre 2015.  :

    Rejet de la demande de prolongation du permis de recherches d’hydrocarbures de RHONE-MARITIME, P 569 par arrêté du 21.09.2015.

     Le Permis Rhône Maritime rejeté par arrêté, parait-il ....
    J'ai écrit "semble-t-il" , car en consultant la liste des 52 arrêtés signés ce jour, il n y apparait pas ... je continuerai à chercher, on y verra plus clair dans quelques jours .
    Toujours est-il qu'il se pourrait que nous arrivions à la fin d'un feuilleton qui n'a que trop duré. La décision du Conseil d'Etat du 19.12.2014 confirmant à Melrose le droit à 'son' permis n'aura donc pas fait céder le Ministère. On peut supposer que devant l'obstination des deux parties, il y ait eu un "arrangement" dont on ne connaitra probablement jamais la teneur.

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    Madame Ségolène Royal

     Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie

     Hôtel de Roquelaure

     246, boulevard Saint-Germain

     75007 Paris

     

     Concerne : permis d’exploration d’hydrocarbures en mer, dit permis « Rhône Maritime »

     Objet : quelle réaction à la décision du Conseil d’Etat ?

     

                    Madame la Ministre,

    Vous n’êtes pas sans ignorer la décision du Conseil d’État en date du 19.12.2014 qui remet sur les rails le permis dit ‘Rhône maritime’. Je vous passe les détails juridiques que d’autres vous ont adressés (courrier Danielle Favari en date du 5.1.2015) et que vos services connaissent parfaitement.

    Je suis de près ce dossier pour le collectif « Objectif Transition » depuis plus de 4 ans et tiens à vous rappeler que ce projet de forages d’hydrocarbures à 30 km des côtes provençales et du Parc National des Calanques n’est ni accepté ni acceptable pour la population locale, les professionnels de la pêche et du tourisme, les scientifiques consultés.

    Fait rare, la classe politique régionale dans son ensemble (le FN excepté) est également unanime dans ce refus.

    Or, à l’heure actuelle, vous n’aurez d’autres choix que de poursuivre l’instruction de la demande de prolongation dudit permis, propriété légitime des sociétés Melrose/Petroceltic et de réinscrire ce permis dans la liste des permis valides des Bouches du Rhône.

    Pourriez-vous, Madame la Ministre, nous indiquer ce que vous comptez entreprendre pour mettre une fin définitive à ces projets de forages qui planent comme une épée de Damoclès sur la Méditerranée provençale ?

    Persuadé que vous comprenez et partagez le bien-fondé de l’opposition à ce permis, le collectif « Objectif Transition » se tient à votre disposition pour vous aider et vous appuyer en faveur d'une solution écologiquement responsable à ce dossier.

     Veuillez recevoir, Madame la Ministre, nos respectueuses salutations

     Achim Gertz

     Délégué  PACA  et co-fondateur d’ "Objectif Transition" http://www.objectiftransition.fr/

     Auteur du blog « Rhône Maritime » http://permisrhonemaritime.eklablog.com/

     

     et voici la réponse , laconique et habituelle des services, une sorte de lettre type ,standardisée, polie mais vide qui veut dire "circulez, on n'a pas envie d'aller plus loin ...."

    Rhône Maritime, notre courrier à Ségolène Royal  (et la réponse ...)

     

     

     

     


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  • Il y a encore quelques semaines j'aurais mis un point d'interrogation à ce titre. Mais mes doutes étaient justifiés: suite au jugement du Conseil d’État en date du 19 décembre 2014 (texte intégral ci-dessous) .... le permis Rhône Maritime est de nouveau sur les rails.

    Ce qu'on pressentait être une pirouette politique n'a pas tenu devant les plus hautes juridictions administratives françaises.

    Je résume en langage "commun":

    Pour mettre fin au permis de recherches d'hydrocarbures en mer, dit "permis Rhône Maritime"  (sur   pression du public, d'associations environnementales  et de votre serviteur, obtenu légalement par la société Melrose (entre-temps cédé à la Société Noble Energy, puis Pétroceltic ...) le gouvernement avait dans un premier temps essayé de ne pas répondre à la demande de renouvellement dudit permis. Ayant compris finalement que cela ne mettait pas une fin légale au permis et qu'il restait valide en cas de 'non-réponse' des autorités, Madame Delphine Batho, ministre de l'environnement à cette époque, avait trouvé avec l'aide de ses services la pirouette politique suivante : "Ce permis a été délivré de façon illicite, puisque se situant à l'époque de l'octroi dans le périmetre d'une ZPE (Zone de protection écologique)" . Le permis avait donc été retiré de la liste des permis valides sur le site du BEPH. La société Melrose ne l'entendait évidemment pas de cette oreille et avait déposé un recours au Tribunal administratif de Cergy Pontoise, compétent pour cette thématique. Ce tribunal ayant donné raison à Melrose, le ministère de l'environnement et de l'énergie avait tenté un dernier recours au Conseil d'Etat ..... qui vient de confirmer le jugement du tribunal administratif de Cergy et condamne donc l'Etat.   (texte ci-dessous)

    Voilà ou nous en sommes. Il reste quelques zones d'ombre, quelques points  à éclaircir, votre serviteur n'étant pas un juriste chevronné, mais en gros ce jugement voudrait dire : L'Etat avait tort de retirer ce permis de la liste des permis valides. Ce qui signifie logiquement qu'il devrait le rétablir officiellement sur son site .... et permettre à Melrose/Petroceltic de reprendre les travaux de prospection.

    Je parie que l'Etat avec sa lenteur légendaire se fera tirer encore un peu l'oreille. La "patate chaude" étant désormais entre les mains de Madame Ségolène Royal, je ne manquerai pas d'adresser dès la semaine prochaine avec l'aide de mon collectif "Objectif Transition" un courrier à Madame la Ministre pour lui demander ce qu'elle compte faire désormais. Car il est clair que ce permis, même juridiquement valide, ne sera pas pour autant accepté par les riverains de la "belle bleue".     On vous tiendra au courant ....

    Suite à mon alerte, voici les journaux ou autres blogs qui parlent de la "nouvelle donne" après la décision du Conseil d'Etat:

    http://www.marsactu.fr/environnement/la-justice-repeche-le-permis-petrolier-au-large-de-marseille-37558.html

    http://www.huffingtonpost.fr/daniele-favari/permis-rhone-maritime-le-retour_b_6419624.html

    http://www.lysias-avocats.com/fr/node/3980

    http://www.econostrum.info/La-prospection-petroliere-en-Mediterranee-francaise-pourrait-redemarrer_a19560.html

    http://www.actu-environnement.com/ae/news/permis-hydrocarbures-mediterranee-rhone-23622.php4#xtor=AL-33

    http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-permis-petrolier-rhone-maritime-refait-surface,54250?xtor=EPR-9

    http://www.laprovence.com/article/economie/3243752/la-recherche-petroliere-au-large-de-marseille-relancee.html

     

    et cet article du Canard Enchainé ....  

    2015, retour du Permis Rhône Maritime !

    Voici le texte complet du jugement, également lisible sur le site de 'Legifrance'

     

    Conseil d'État

    N° 376167   
    ECLI:FR:CESSR:2014:376167.20141219
    Inédit au recueil Lebon
    6ème / 1ère SSR
    Mme Sophie Roussel, rapporteur
    Mme Suzanne von Coester, rapporteur public
    SCP CELICE, BLANCPAIN, SOLTNER, avocats


    lecture du vendredi 19 décembre 2014

    REPUBLIQUE FRANCAISE

    AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS

     


     

    Texte intégral

    Vu le pourvoi, enregistré le 7 mars 2014 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, par lequel le ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie demande au Conseil d'Etat :

    1°) d'annuler l'ordonnance n° 1400402 du 20 février 2014 par laquelle le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a suspendu, à la demande de la société Melrose Mediterranean Limited, l'exécution de la décision née du silence gardé pendant plus de quinze mois sur sa demande du 15 juillet 2010 tendant à obtenir la prolongation du permis de recherches de mines d'hydrocarbures liquides ou gazeux, dénommé " Rhône Maritime ", jusqu'à ce qu'il soit statué sur la légalité de cette décision ;

    2°) statuant en référé, de rejeter la demande de suspension de la société Melrose Mediterranean Limited ;


    Vu les autres pièces du dossier ;

    Vu la convention sur le plateau continental conclue à Genève le 29 avril 1958 ;

    Vu la convention des Nations Unies sur le droit de la Mer conclue à Montego Bay le 10 décembre 1982 ;

    Vu le code minier (nouveau) ;

    Vu la loi n° 68-1181 du 30 décembre 1968 ;

    Vu la loi n° 76-655 du 16 juillet 1976, telle que modifiée par la loi n° 2003-346 du 15 avril 2003 ;

    Vu la loi n° 2009-526 du 12 mai 2009, notamment son article 92 ;

    Vu l'ordonnance n° 2011-91 du 20 janvier 2011 ;

    Vu le décret n° 2004-33 du 8 janvier 2004 ;

    Vu le code de justice administrative ;


    Après avoir entendu en séance publique :

    - le rapport de Mme Sophie Roussel, maître des requêtes,

    - les conclusions de Mme Suzanne von Coester, rapporteur public ;

    La parole ayant été donnée, avant et après les conclusions, à la SCP Célice, Blancpain, Soltner, avocat de la société Melrose Mediterranean Limited ;




    1. Considérant, en premier lieu, qu'il ressort des énonciations de l'ordonnance attaquée que le juge des référés, qui a fait apparaître les raisons de fait et de droit pour lesquelles il a estimé que la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative était remplie, a suffisamment motivé son ordonnance ; qu'il n'était pas tenu de répondre à l'argument du ministre tiré de ce que la décision litigieuse aurait eu pour effet de délier la société Melrose Mediterranean Limited de ses obligations ;

    2. Considérant, en deuxième lieu, qu'il ressort des pièces de la procédure devant le juge des référés que la société Melrose Mediterranean Limited avait soulevé au cours de l'instruction le moyen tiré de ce que le pouvoir réglementaire avait, en créant l'article L. 123-4 du code minier dans le cadre de l'ordonnance du 20 janvier 2011 portant codification de la partie réglementaire du code minier, méconnu l'habilitation donnée au Gouvernement par la loi du 12 mai 2009 ; qu'ainsi, et contrairement à ce qui est soutenu, ce moyen n'a pas été soulevé d'office par le juge des référés ;

    3. Considérant, en troisième lieu, que pour juger que le moyen, tiré de la méconnaissance, par la décision litigieuse, de l'article L. 142-1 du code minier, était de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de celle-ci, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise s'est fondé sur le fait que ni l'article L. 123-4 du code minier, ni le second alinéa de l'article 4 de la loi du 16 juillet 1976 relative à la zone économique et à la zone de protection écologique au large des côtes du territoire de la République n'avaient pu légalement impliquer la renonciation de la République française à l'exercice de ses droits souverains aux fins d'exploration et d'exploitation des fonds marins de son plateau continental au large de la Méditerranée au titre de la loi du 30 décembre 1968 relative à l'exploration du plateau continental et à l'exploitation de ses ressources naturelles et des articles L. 123-1 à L. 123-3 du code minier ; qu'en estimant que le moyen présenté sur ce point était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse, le juge des référés n'a, eu égard à son office, pas commis les erreurs de droit alléguées ;

    4. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède que le ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie n'est pas fondé à demander l'annulation de l'ordonnance attaquée ; que son pourvoi doit par suite être rejeté ;

    5. Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à la société Melrose Mediterranean Limited au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;




    D E C I D E :
    --------------

    Article 1er : Le pourvoi du ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie est rejeté.

    Article 2 : L'Etat versera à la société Melrose Mediterranean Limited une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

    Article 3 : La présente décision sera notifiée à la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie et à la société Melrose Mediterranean Limited.


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